A partir du 1er juillet 2026, un nouveau congé supplémentaire de naissance s’ouvre à tous les parents salariés. Chaque parent peut poser 1 ou 2 mois en plus, indemnisés à 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second. Il vient s’ajouter au congé maternité ou paternité, et se prend une fois ceux-ci terminés. Pour les bébés arrivés depuis le 1er janvier 2026, vous avez jusqu’au 31 mars 2027 pour en bénéficier.
Ce congé supplémentaire de naissance est un droit entièrement nouveau. Il est issu de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 et précisé par 5 décrets d’application parus au Journal officiel du 31 mai 2026 (les décrets sont à lire ci-après, par numéro : 1, 2, 3, 4, 5). Concrètement, un parent qui a un enfant cette année peut gagner jusqu’à deux mois de présence auprès de lui, en partie rémunérés, à condition de respecter le délai pour prévenir l’employeur. Ce droit est à durée limitée à partir de la naissance ou de l’adoption d’un enfant, louper le délai c’est laisser filer un droit qui ne se rattrape pas.
Combien vous êtes indemnisé et pour combien de temps
Avec le congé supplémentaire de naissance chacun des 2 parents dispose de 1 ou 2 mois de congé en plus, qu’il peut prendre en une fois ou couper en deux périodes d’un mois. Les deux parents peuvent le poser en même temps ou à tour de rôle.
Attention toutefois car l’indemnité n’est pas égale à votre salaire. Elle est plus faible et versée par votre caisse d’assurance maladie (la CPAM). Et surtout elle est dégressive :
- 70 % de votre salaire net le premier mois,
- 60 % de votre salaire net le second mois.
L’indemnité est calculée sur vos trois derniers mois de salaire, dans la limite d’un plafond de la Sécurité sociale (PMSS, d’une valeur de 4 005 € en 2026). Concrètement cela signifie qu’une personne qui prend ses 2 mois de congé supplémentaire de naissance et dont le salaire net mensuel est de 2 000 € recevra une indemnité 1 400 € le premier mois et 1 200 € le second.
En outre, il faut bien retenir que ce congé s’ajoute au congé maternité, paternité ou d’adoption. Il ne les remplace pas et ne touche pas non plus au congé parental qui reste accessible. Il se prend après avoir épuisé ces congés.
Les délais à ne pas rater
Si votre enfant est né (ou arrivé au foyer) entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 : vous pouvez prendre ce congé du 1er juillet 2026 au 31 mars 2027. C’est une fenêtre de rattrapage : ne la laissez pas se refermer.
Puis si votre enfant naît à partir du 1er juillet 2026 : le congé doit débuter dans les 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant. Ce délai est rallongé si vos congés sont eux-mêmes prolongés (naissances multiples, par exemple).
Comment s’y prendre ? Prévenez votre employeur au moins un mois avant le début du congé, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre récépissé, en précisant la date de début, la durée et si vous le fractionnez. Ce délai tombe à 15 jours si le congé suit immédiatement votre congé de paternité ou d’adoption.
Ainsi, si vous attendez ou venez d’accueillir un enfant, posez-vous la question dès maintenant. Calculez votre fenêtre d’information de votre employeur, décidez de la durée, et envoyez votre courrier à l’employeur en respectant le délai (1 mois ou 15 jours selon les cas vus ci-dessus).
Le point de vigilance : les cumuls interdits
L’indemnité ne se cumule pas avec d’autres prestations pour la même période. Nous pouvons notamment citer les indemnités journalières d’arrêt de travail (maladie, accident du travail), les allocations chômage, le complément de libre choix du mode de garde (l’aide de la CAF pour la garde de l’enfant), l’allocation de présence parentale ou de proche aidant.
Par ailleurs il n’est pas non plus possible de le cumuler avec la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE, l’ex-« congé parental indemnisé ») sur une même période. En revanche, les deux peuvent se succéder : on peut enchaîner l’un puis l’autre.
Côté employeurs
En temps qu’employeur vous ne pouvez pas refuser un congé supplémentaire de naissance dont vous êtes informé dans les délais. C’est un droit au même titre que le congé maternité ou paternité. Dès lors que le salarié respecte le délai de prévenance, vous ne pouvez pas le refuser. Le contrat de travail est suspendu, et l’indemnisation est portée par la Sécurité sociale, pas par vous.
Pour ne pas être surpris par une absence plus durable que prévue d’un salarié qui vient d’avoir un enfant, intégrez ce nouveau droit à vos plannings dès maintenant. Les premières demandes peuvent tomber pour le 1er juillet, et certains salariés cumuleront congé maternité/congé paternité puis ce congé supplémentaire. Cela peut représenter une longue absence. Vérifiez aussi si votre convention collective prévoit un maintien de salaire plus favorable.