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Complémentaire santé

Quelques idées pour convaincre son employeur de négocier un meilleur accord santé


La taxe sur les complémentaires santé adoptée hier par l’Assemblée Nationale dans le PLFSS 2026 renchérit le coût des contrats pour les employeurs. Cela crée une opportunité pour les salariés et leurs représentants de négocier des accords santé plus avantageux, en compensant ce surcoût par des économies d’échelle ou des optimisations. Voici quelques idées pour convaincre votre employeur, s’il est réticent de profiter de cette hausse pour résilier le contrat en cours et négocier un meilleur accord (MÊME DANS LES TPE !).


Ce post délibérement synthétique vous donne quelques idées pour convaincre (on sait que les plus réticents se situent généralement dans les PME et les TPE) votre employeur pour transformer la menace de la hausse en opportunité pour vous proposer un meilleur contrat santé.

1. Grandes entreprises et ETI

(+500 salariés / +250 salariés)

A. Arguments clés pour convaincre

a. Juridiques

  • Obligation légale : Depuis la loi ANI (2013), les entreprises doivent proposer une complémentaire santé collective respectant au minimum les obligations fixées par la branche professionnelle. La taxe PLFSS 2026 ne supprime pas cette obligation, mais la rend plus coûteuse.
  • Négociation collective : Les accords d’entreprise peuvent déroger au socle minimal légal et conventionnel pour offrir des garanties supérieures (ex : meilleure prise en charge des dépassements d’honoraires, forfaits prévention).
  • Risque contentieux : En cas de déséquilibre flagrant entre les contributions employeur/salarié, les syndicats peuvent saisir les prud’hommes ou l’inspection du travail.

b. Économiques

  • Économies d’échelle : Les grandes entreprises bénéficient de tarifs négociés avec les assureurs. Un accord santé attractif peut réduire le turnover et les coûts de recrutement.
  • Fiscalité avantageuse : Les contributions patronales sont exonérées de charges sociales (dans la limite de 6% du PASS + 1,5% du salaire brut).
  • Productivité : Une couverture santé robuste réduit l’absentéisme (ex : meilleure prise en charge des troubles musculo-squelettiques dans l’industrie).
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c. Sociaux

  • Attractivité : Un accord santé compétitif est un argument fort pour attirer les talents, surtout dans les secteurs en tension (tech, santé).
  • Engagement : Les salariés couverts par une complémentaire performante sont plus engagés (études Malakoff Humanis, 2024).
  • Équité : Un accord uniformisé évite les inégalités entre cadres et non-cadres.

B. Stratégies par secteur

SecteurEnjeux spécifiquesStratégies de négociation
Tech/NumériqueTurnover élevé, attentes fortes en bien-êtreMettre en avant la rétention des talents et la marque employeur. Proposer des forfaits télémédecine ou santé mentale.
IndustrieRisques professionnels (TMS, accidents)Négocier des garanties renforcées pour les risques pro (ex : 200% BR pour les hospitalisations liées au travail).
SantéHoraires décalés, stressInsister sur la prévention (forfaits sophrologie, soutien psychologique) et la couverture des familles.
Banque/AssurancePopulation vieillissante, enjeux de santé longue duréeProposer des garanties renforcées pour les ALD (Affections Longue Durée) et la dépendance.

C. Exemples concrets d’accords réussis

  • Exemple 1 : Accord chez TotalEnergies (2024)
    • Contexte : Négociation post-PLFSS 2025 pour compenser la hausse des cotisations.
    • Résultat : Prise en charge à 100% du ticket modérateur pour les hospitalisations, + forfait prévention de 300€/an/salarié.
    • Argument gagnant : Réduction de 15% de l’absentéisme en 1 an.
  • Exemple 2 : Accord dans une ETI du numérique (Capgemini, 2023)
    • Contexte : Turnover élevé chez les jeunes ingénieurs.
    • Résultat : Complémentaire avec couverture santé mentale (5 séances de thérapie/an remboursées), + télémédecine illimitée.
    • Argument gagnant : Baisse de 20% des démissions volontaires.
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2. PME (11 à 250 salariés)

A. Arguments clés pour convaincre

a. Juridiques

  • Simplification : Les PME peuvent adhérer à des accords de branche, mais un accord d’entreprise permet d’adapter les garanties aux besoins spécifiques.
  • Aides : Certaines régions ou branches proposent des subventions pour les PME qui améliorent leur couverture santé (ex : Fonds Social Européen).

b. Économiques

  • Mutualisation : Les PME peuvent se regrouper pour négocier des tarifs (ex : via un IPRP ou un groupe d’employeurs).
  • Fidélisation : Le coût de remplacement d’un salarié est estimé à 1,5x son salaire annuel (source : DARES 2024). Une bonne complémentaire réduit ce risque.

c. Sociaux

  • Cohésion : Un accord santé perçu comme juste renforce la culture d’entreprise.
  • Flexibilité : Les PME peuvent proposer des options modulables (ex : salarié choisit entre une couverture famille ou individuelle).

B. Stratégies par secteur

SecteurEnjeux spécifiquesStratégies de négociation
BTPRisques d’accidents, pénibilitéNégocier des garanties « accidents du travail » renforcées et des forfaits prévention (ex : ostéopathie).
CommerceHoraires variables, stress clientProposer des garanties « santé mentale » et des remboursements pour les soins non programmés (ex : urgences).
AgroalimentaireTravail physique, troubles musculo-squelettiquesInsister sur la prise en charge des soins paramédicaux (kiné, ergothérapie) et les programmes de prévention.

C. Exemples concrets d’accords réussis

  • Exemple 1 : PME du BTP (50 salariés, 2024)
    • Contexte : Taux d’accidents du travail supérieur à la moyenne nationale.
    • Résultat : Accord avec prise en charge à 150% du tarif de base pour les soins liés aux accidents du travail, + 10 séances de kiné/an sans reste à charge.
    • Argument gagnant : Baisse de 30% des arrêts maladie après 18 mois.
  • Exemple 2 : PME du commerce (80 salariés, 2023)
    • Contexte : Turnover élevé et difficultés de recrutement.
    • Résultat : Complémentaire avec remboursement des frais de garde d’enfants malades et forfait bien-être (100€/an pour activités sportives).
    • Argument gagnant : Amélioration du climat social et réduction des conflits.
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3. TPE (moins de 11 salariés)

A. Arguments clés pour convaincre

a. Juridiques

  • Exonération : Les TPE bénéficient d’exonérations fiscales et sociales sur les contributions patronales (jusqu’à 6% du PASS).
  • Simplicité : Possibilité d’adhérer à un contrat « clé en main » via les chambres consulaires ou les syndicats patronaux.

b. Économiques

  • Crédit d’impôt : Certaines TPE peuvent bénéficier de crédits d’impôt pour la mise en place d’une complémentaire (ex : CICE santé).
  • Réduction des coûts cachés : Un salarié en bonne santé est plus productif et moins absent (coût moyen d’un arrêt maladie : 2 500€/an/salarié).

c. Sociaux

  • Loyauté : Dans une TPE, la relation employeur-salarié est souvent personnelle. Un geste sur la santé renforce la fidélité.
  • Image : Une TPE avec une bonne complémentaire se distingue pour recruter dans un marché tendu.

B. Stratégies par secteur

SecteurEnjeux spécifiquesStratégies de négociation
ArtisanatTravail manuel, risques de TMSProposer un contrat avec remboursement renforcé pour les soins paramédicaux et un forfait prévention.
RestaurationHoraires tardifs, stressNégocier une couverture « santé mentale » et des remboursements pour les soins en dehors des heures d’ouverture.
ServicesIsolement, sédentaritéInsister sur la télémédecine et les forfaits bien-être (ex : abonnement sportif).

C. Exemples concrets d’accords réussis

  • Exemple 1 : Boulangerie artisanale (8 salariés, 2024)
    • Contexte : Turnover élevé et difficultés à recruter des apprentis.
    • Résultat : Complémentaire avec prise en charge à 100% des soins dentaires (plafond 500€/an) et un forfait « bien-être » (massages, ostéopathie).
    • Argument gagnant : Stabilisation de l’équipe et meilleure réputation locale.
  • Exemple 2 : TPE de services informatiques (5 salariés, 2023)
    • Contexte : Concurrence des grandes ESN pour recruter des développeurs.
    • Résultat : Complémentaire avec remboursement des lunettes (jusqu’à 300€/an) et télémédecine illimitée.
    • Argument gagnant : Fidélisation des talents malgré des salaires moins élevés que dans les grandes entreprises.

Conclusion : Méthodologie pour agir

  1. Diagnostic : Identifier les besoins spécifiques des salariés (enquête anonyme, analyse des arrêts maladie).
  2. Benchmark : Comparer avec les accords existants dans le secteur ou la branche.
  3. Argumentaire : Préparer une note synthétique avec les arguments juridiques, économiques et sociaux adaptés à la taille de l’entreprise.
  4. Négociation :
    • Grandes entreprises/ETI : Impliquer les syndicats et le CSE, utiliser des données RH (turnover, absentéisme).
    • PME : Proposer un groupe de travail avec l’employeur et un courtier en assurance.
    • TPE : Mettre en avant la simplicité et les aides disponibles (chambres de commerce, syndicats patronaux).
  5. Suivi : Évaluer l’impact de l’accord après 1 an (enquête de satisfaction, analyse des arrêts maladie).

Ressources utiles

  • Textes de loi : Loi ANI 2013, PLFSS 2026 (à paraître).
  • Outils :
    • Simulateur de coût complémentaire santé (URSSAF).
    • Modèles d’accords (Ministère du Travail, syndicats).
  • Acteurs clés :
    • Courtiers en assurance (ex : Gras Savoye, Siaci Saint Honoré).
    • Réseaux consulaires (CCI, CMA).

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