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Droit du travail

Le SMIC a augmenté : et si votre grille de salaires était devenue illégale ?

Depuis le 1er juin 2026, le SMIC a augmenté de +2,41 % et atteint 12,31 € brut de l’heure, soit 1 867,02 € brut par mois à temps plein (environ 1 478 € net). Effet domino immédiat : 126 branches professionnelles sur 179 ont désormais une grille de salaires qui démarre sous ce seuil légal — contre seulement 30 il y a peu. Si le minimum prévu par votre convention collective est passé sous le SMIC, c’est le SMIC qui s’applique, de force.

Pourquoi c’est important : un salaire sous le SMIC n’est jamais légal. Mais beaucoup de salariés l’ignorent, ne vérifient pas leur taux horaire, et ne réclament rien. Or les grilles des branches professionnelles ne servent pas qu’à fixer le bas de l’échelle : elles servent de référence pour les augmentations à l’ancienneté et la classification. Quand elles décrochent, c’est toute la progression salariale qui se grippe.

Ce qui a changé le 1er juin

  • Le nouveau plancher : 12,31 € brut de l’heure, 1 867,02 € brut par mois sur la base de 35 heures — soit +44 € brut par rapport à avant.
  • La mécanique : il s’agit d’une revalorisation automatique liée à l’inflation, sans coup de pouce supplémentaire, actée par arrêté du 22 mai 2026 (publié au Journal officiel du 24 mai). Elle s’applique aux paies dues à compter du 1er juin.
  • À vérifier sur votre bulletin : votre taux horaire brut doit être au moins égal à 12,31 €. C’est le test le plus simple.
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Pourquoi 126 branches se retrouvent « hors-la-loi »

  • Un décalage massif : quand le SMIC monte, les grilles conventionnelles, elles, ne bougent que si les partenaires sociaux les renégocient. Résultat : 70 % des branches — où travaillent 11,9 millions de salariés — affichent désormais au moins un coefficient sous le nouveau SMIC.
  • Des secteurs très concernés : la métallurgie voit ses premiers niveaux (A1, A2) passer sous le seuil ; l’hôtellerie-restauration (HCR) ses 4 premiers rangs de grille.
  • Ce que ça ne veut pas dire : non, vous n’allez pas être payé en dessous du SMIC. La loi l’interdit. Mais votre grille, elle, est devenue caduque sur le bas de l’échelle.
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Côté salarié : vos droits, très concrètement

  • Le SMIC gagne toujours : lorsque le minimum de votre convention est inférieur au SMIC, c’est le SMIC qui s’applique, automatiquement. Votre employeur doit vous verser au moins ce montant, quoi que dise la grille.
  • Vous êtes sous le seuil ? C’est un rappel de salaire. Si votre bulletin de juin affiche un taux horaire inférieur à 12,31 €, vous pouvez réclamer la différence. N’hésitez pas à vous appuyer sur un représentant du personnel (élu du CSE, délégué syndical) pour faire le calcul et porter la demande.
  • Gardez un œil sur l’ancienneté : une grille bloquée peut « écraser » les écarts entre débutants et anciens. Si vous montez en compétence sans que votre salaire suive, c’est un point à soulever en réunion.
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Côté employeur : l’obligation est immédiate

  • Réajuster dès la paie de juin : tout salarié sous 12,31 € de l’heure doit être ramené au SMIC, sans attendre la renégociation de la branche.
  • Renégocier, c’est obligatoire : quand un minimum conventionnel passe sous le SMIC, les organisations patronales doivent engager des négociations sous 45 jours (article L. 2241-10 du code du travail).

L’action immédiate : salariés, sortez votre dernier bulletin et comparez votre taux horaire brut à 12,31 €. En dessous ? Vous avez droit à un rappel — réclamez-le, au besoin avec l’aide d’un élu. Employeurs, vérifiez chaque rémunération de votre effectif avant la clôture de la paie de juin : sous le SMIC, l’erreur se paie en rappels et en redressements.

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