Pour la plupart des salariés l’arrivée de la retraite est synonyme de questions administratives très concrètes. Parmi elles, celle de la complémentaire santé tient une place centrale. En plus de la perte de revenu souvent inhérente à la fin du statut salarié, la grande peur des jeunes retraités est de faire face à une hausse inévitable de leur cotisation santé. Il y a en fait un moyen de retarder un peu cette augmentation tarifaire en conservant la mutuelle d’entreprise pendant les premières années de retraite.
Après avoir abordé le sujet sensible du maintien de la mutuelle d’entreprise pour les salariés en arrêt de travail, il nous semble essentiel de parler du cas des ex-salariés partis en retraite. La complémentaire santé devient alors une question cruciale alors que les besoins de soins et produits médicaux augmentent mécaniquement avec l’âge.
Pourquoi garder sa mutuelle d’entreprise la 1ère année de retraite est intéressant
En France il existe une loi qui permet aux anciens salariés retraités de conserver leur complémentaire santé d’entreprise : c’est la loi Evin (qui date tout de même de 1989 !). Cette loi dit 2 choses :
- les salariés qui partent à la retraite doivent obligatoirement se voir proposer un contrat par l’assureur de l’entreprise pour conserver le même contrat après le départ de l’entreprise.
- les cotisations imposées par l’assureur doivent respecter les limites fixées par un décret.
- la première année, la cotisation santé est gelée et reste forcément la même que celle qui est aussi en vigueur dans le contrat de l’entreprise.
Un jeune retraité a tout intérêt à poursuivre pendant un an avec la mutuelle de son entreprise de départ pour :
- garder les mêmes remboursements, c’est souvent avantageux car les contrats santé d’entreprise doivent respecter les obligations de conventions collectives qui sont généralement bien plus généreuses que les contrats individuels de base.
- ne pas voir sa cotisation s’envoler, ce qui pourrait arriver en souscrivant un nouveau contrat.
Utile : utilisez le comparateur IA d'Asfelia et vérifiez que vous recevez bien les remboursements de lunettes prévus par votre convention collective.
En bref, les salariés qui terminent leur carrière auraient tort de ne pas saisir l’opportunité de garder leur contrat santé d’entreprise pendant la première année de retraite.
Mais attention !
Si le tarif est gelé sur ceux de l’entreprise pendant la première année, l’entreprise n’est plus obligée d’en financer la moitié au minimum.
- Cela veut dire qu’un salarié qui ne payait que 25 € par mois de cotisation de mutuelle payera au moins 50 € par mois une fois retraité.

Comment mettre à profit la 1ère année de retraite pour préparer la suite
Le fait de conserver sa mutuelle d’entreprise pendant la première année de retraite permet de réfléchir sereinement à une stratégie pour les années suivantes. Faut-il continuer avec le contrat calqué sur les garanties santé de l’entreprise ? Au contraire, faut-il changer de contrat et/ou d’assureur ? Tout dépend des besoins de remboursements de chacun.
Première chose : la cotisation du contrat calqué sur celui de l’entreprise peut augmenter pour passer à 125% du tarif de l’entreprise la 2e année, puis 150% la 3e année, avant de pouvoir augmenter sans limite à partir de la 4e année d’adhésion.
- Cela veut dire qu’un retraité qui paye 50 € par mois de cotisation santé pendant sa 1ère année de contrat pourra payer 62,50 € par mois la 2e année, puis 75 € par mois la 3e année avant que le tarif ne s’envole potentiellement dès la 4e année.
Autrement dit, il faut que le jeune retraité mette à profit la première année pour consulter un courtier ou plusieurs assureurs afin d’obtenir des propositions de contrats en vue de l’année suivante. Cela lui permet de voir si son contrat calqué sur celui de son ancienne entreprise reste à un tarif avantageux, par rapport à ce qu’il payerait pour un autre contrat. C’est là que vient la question des garanties proposées.
Deuxième chose : les garanties du contrat calqué sur celui de l’entreprise ne sont peut-être pas entièrement adaptées aux besoins réels de l’ex-salarié qui vient de prendre sa retraite. Certes, grâce aux obligations prévues par la loi et les conventions collectives, les garanties sont généralement assez favorables. Mais le fait est que ces contrats pensés pour répondre aux besoins de remboursements des salariés actifs ne correspondent pas forcément à ceux de retraités plus âgés.
Cette première année de consultation des courtiers et assureurs est donc l’occasion pour tout jeune retraité de faire le point sur ses besoins réels de remboursements. Il pourra alors choisir en toute connaissance de cause :
- de changer de contrat à partir de sa 2e année de retraite pour choisir une mutuelle qui colle mieux à sa demande,
- ou de décider de poursuivre avec celui de son ancienne entreprise en acceptant de payer potentiellement plus cher.