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Droit du travail

L’entretien professionnel est désormais prévu tous les 4 ans et non plus tous les 2 ans, ce que ça change

L’entretien professionnel s’appelle désormais « entretien de parcours professionnel » (EPP). Sa fréquence est maintenant beaucoup plus large, passant à un entretien tous les 4 ans (et non plus tous les 2 ans). Il s’accompagne d’un un bilan complet à faire tous les 8 ans (au lieu de tous les 6 ans). C’est la loi du 24 octobre 2025 qui a posé cette règle : depuis le 1er octobre 2026, elle s’applique aux accords d’entreprise ou signés dans les conventions collectives (les fameux accords de branche) en cours.

Le nouvel entretien de parcours professionnel est le moment où l’on parle formation, évolution, reconversion et compte personnel de formation (CPF, vos droits à formation en euros). Avec le nouveau rythme, un salarié peut donc attendre jusqu’à 4 ans avant que son employeur aborde le sujet. Et, dans les entreprises d’au moins 50 salariés, un salarié qui serait resté 8 ans sans entretien et sans formation (hors formations obligatoires) peut ouvrir droit à un abondement de 3 000 € sur son CPF, à la charge de l’employeur.

Ce qui change concrètement pour l’entretien de parcours professionnel

Le premier entretien de parcours professionnel doit avoir lieu dans l’année qui suit l’embauche, puis tous les 4 ans (article L. 6315-1 du code du travail). Avant la réforme, c’était tous les 2 ans.

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Puis le bilan s’effectuera désormais tous les 8 ans et non tous les 6 ans. Ce bilan sert toujours à vérifier si le salarié a bénéficié de ses entretiens au cours des dernières années, s’il a suivi au moins une formation, s’il a obtenu une certification (par la formation ou la VAE, validation des acquis de l’expérience) ou s’il a bénéficié d’une progression salariale ou professionnelle. Le premier bilan après l’embauche peut même être fait 7 ans après le premier entretien (l’ancienneté dans l’entreprise sert de repère).

C’est l’employeur du salarié, son supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction qui réalise l’entretien. Celui-ci se déroule pendant le temps de travail et un document écrit dont le salarié reçoit copie le résume.

En complément, les accords d’entreprise ou de branche peuvent prévoir un autre rythme, mais sans dépasser un délai de 4 ans entre 2 entretiens. Depuis le 1er octobre 2026, la nouvelle rédaction de l’article s’applique aux accords encore en vigueur sur ce sujet.

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Les moments où l’entretien reste à la demande

Après une longue absence du salarié, l’employeur est tenu de lui proposer un entretien s’il n’en a pas eu dans les 12 mois précédents. Cela peut concerner un salarié de retour de congé de maternité ou d’adoption, de congé supplémentaire de naissance, parental, de proche aidant ou sabbatique, d’une mobilité volontaire sécurisée, d’un temps partiel, d’un arrêt longue maladie ou d’un mandat syndical.

Après la visite médicale de mi-carrière, un entretien doit également être organisé dans les 2 mois après cette visite. L’employeur n’a pas accès aux données de santé du salarié mais les aménagements proposés par le médecin du travail y sont évoqués.

Enfin, un entretien doit être réalisé dans les 2 ans qui précèdent les 60 ans du salarié. Les thèmes abordés doivent porter sur le maintien dans l’emploi, l’aménagement de fin de carrière, le temps partiel ou encore la retraite progressive.

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Le risque pour l’employeur s’il manque les entretiens

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, si en 8 ans un salarié n’a eu aucun entretien et n’a bénéficié d’aucune formation (autre qu’une formation obligatoire), l’employeur doit abonder le CPF du salarié à hauteur de 3 000 €, en versant la somme à la Caisse des dépôts, qui gère le CPF.

Quid des salariés ?

Les salariés doivent garder une trace de chaque entretien (document remis, mail de convocation). C’est une preuve nécessaire, notamment en cas de désaccord avec l’employeur.

Ils peuvent également être proactifs pour réclamer un entretien. Si leur dernier entretien remonte à plus de 2 ans, ils ont tout intérêt à demander par écrit si un entretien, un projet de formation ou de reconversion se précise.

Enfin les salariés ont également intérêt à vérifier le contenu de leur convention collective ou de leur accord d’entreprise. Il est tout à fait possible que la fréquence des entretiens de parcours professionnel soit plus favorable.

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